En Atelier de consultation à Kigali

LES BASES D’UNE CHAINE TELE-NUMERIQUE DE L’ACALAN-UA POSEES

Le CICIBA a contribué à la réflexion

Du 27 au 28 décembre 2018 s’est tenue dans la capitale rwandaise une réunion de consultation avec les professionnels des médias, axée sur l’utilisation des langues africaines via les nouvelles terminologies. Comme invité de marque, le Directeur Général du Centre International des Civilisations Bantu, le Pr Antoine Manda Tchebwa, y a pris une part active sous son double profil de représentant d’institution partenaire et d’homme des médias.

Plus d’une vingtaine de spécialistes des médias venus de toute l’Afrique ont pendant deux jours d’atelier échangé utilement autour du projet en cours initié par l’ACALAN-Union Africaine avec l’expertise de l’Institut de stratégies et de développement en communication (ISDEVCOM).

Les objectifs de cette rencontre étaient clairement définis autour des aspirations suivantes:

– identifier et discuter des stratégies de coopération et de création de synergies entre les Commissions de langues transfrontalières véhiculaires et les maisons de presse en vue de l’utilisation des langues africaines dans les médias ;

– créer des contenus infographiques et multimédias pour la télévision en ligne et les médias sociaux de l’ACALAN-UA ;

– définir et discuter des stratégies visant à assurer la diffusion numérique des informations relatives à l’utilisation des orthographes harmonisées des langues africaines ;

– équiper le personnel des médias pour la mise en œuvre effective des recommandations des ateliers sur l’harmonisation des langues transfrontalières véhiculaires ;

– identifier des partenaires stratégiques pour la création de synergies et d’une feuille de route ;

– identifier et commander des développeurs de contenus numériques.

Ce canevas a donné lieu à des échanges constructifs dans une ambiance empreinte de professionnalisme.

A cette Assemblée des académiciens, le Centre International de Civilisations Bantu (CICIBA) était représenté par son Directeur Général, le Pr Antoine Manda Tchebwa.

A l’ouverture des travaux, trois allocutions ont ponctué le rituel.

La parole ayant été donnée en premier à l’invité spécial de ces travaux, le CICIBA, le Directeur Général, le Pr Antoine Manda Tchebwa a réaffirmé le caractère irréversible de l’accord de coopération qui unit son institution à l’ACALAN, signé à Addis-Abeba il y a deux ans, et s’est félicité des exploits réalisés par les partenaires au cours de l’année 2018 autour des rencontres d’harmonisation des langues transfrontalières et d’esquisses des Atlas linguistiques sous-régionaux (Brazzaville, Kampala, Abidjan, Yaoundé, etc.) pour lesquels le CICIBA a apporté son expertise.

S’adressant aux experts en communication et praticiens des médias en ligne présents à Kigali, il a prêché les principales vertus de leur métier : le respect de la vérité des faits, l’objectivité, la volonté d’apaisement des esprits, la culture de la paix, un traitement équitable de l’information. « Le CICIBA encourage la mise en place de la chaîne en ligne de l’ACALAN, d’autant qu’elle constitue un maillon de plus dans la chaîne promotionnelle des langues africaines. De plus, il nous faut toujours avoir à l’esprit que la langue attache à l’homme, son identité personnelle et collective, au sol, à une unité culturelle, à l’intimité collective, à l’univers archipélagique de l’être. La langue porte et véhicule donc la sève phréatique de toute civilisation, quelle qu’elle soit, autant qu’elle permet d’affirmer l’identité et l’existence intime d’un peuple », a-t-il indiqué.

Dans son intervention, le Secrétaire Exécutif de l’ACALAN, le Dr Lang Fafa Dampha, a insisté sur le bénéfice que lui procure la présence de tant d’experts en communication à cet atelier. Qui constitue un moment important dans la consolidation des acquis de son institution. Saluant la présence du CICIBA à cet atelier, il a souligné la ferme volonté exprimée par les deux organismes pour l’avènement d’un multilinguisme conquérant sur notre continent. « La présente consultation, initiée par nos soins, est une réponse au programme de l’ACALAN visant à élargir son champ d’action au-delà du cercle étriqué des experts en langues qui s’activent nuit et jour à donner sens et un lieu d’aisance aux langues africaines dans un contexte mondial où les civilisations sont engagées dans une compétition sans merci pour un certain hégémonisme linguistique. Riche de ses multiples langues transfrontalières, l’Afrique mérite, autant que les autres, de se présenter au reste du monde dans ce qui la fonde légitimement, culturellement et historiquement, ses langues véhiculaires. Dans ce combat de survie culturelle, les médias (quelles que soient leurs natures) ont un rôle essentiel à jour pour la vulgarisation de nos langues. L’ACALAN-UA attend ainsi de ces travaux toutes les propositions susceptibles de l’aider à se doter d’une feuille de route plus réaliste en vue de concrétiser de manière optimale son projet de créer des contenus infographiques et multimédias pour la télévision en ligne et les médias sociaux encore en phase de démarrage », a déclaré le Dr Dampha.

Avant de déclarer l’ouverture officielle des travaux au nom du Ministre des Sports et de la Culture de la République du Rwanda, son représentant, le professeur Cyprien Nyomugabo, de surcroit président de l’Académie nationale des langues au Rwanda, a circonscrit le cadre et le contexte de cet atelier en mettant un accent particulier sur l’importance qu’attache son pays aux langues nationales africaines. Donnant en exemple le cas du kinyarwanda, une des langues officielles africaines de son pays, il a indiqué l’effort accompli par les institutions académiques de son pays qui ont réussi des exploits inédits comme : l’enseignement du kinyarwanda dans les cursus scolaire et universitaire, jusqu’au niveau doctoral où les thèses sont aujourd’hui soutenues en kinyarwanda, avec une capacité extraordinaire d’abstraire les notions les plus complexes relevant des domaines si savants comme la philosophie, les mathématiques, la physique ou la chimie… Une preuve irréfutable qui atteste la vitalité et la viabilité des langues africaines. Ici, on a affaire à un cas spécifique d’une langue bantu.

Reprenant un passage de l’allocution du Directeur Général du CICIBA, il a lui aussi plaidé pour l’engagement dans ce processus des médias suffisamment responsables, investis des valeurs éthique et déontologique de leur métier, adossés, qui plus est, à une sincère culture de la paix.

Deux jours durant, répartis en commissions, les experts ont travaillé d’arrache-pied à la mise sur pied des stratégies de coopération telles qu’envisagées par l’initiateur de l’Atelier, des propositions de contenu ainsi qu’une feuille de route compatible avec les objectifs du projet. Adoptées dans un parfait consensus, ces résolutions feront sans nul doute l’objet d’une analyse minutieuse des instances de l’ACALAN-UA avant la concrétisation effective du projet.

Pour le Pr Antoine Manda Tchebwa, cette initiative de l’ACALAN-UA est le « début d’une grande espérance : celle de voir l’Afrique, notre chère Afrique, reconquérir sa crédibilité et sa meilleure visibilité au travers d’une communication de qualité, performante, véridique, chargée de fraternité et d’amour pour la paix ».

Des stratégies ont été pensées et formulées en faveur de l’ACALAN-UA. Ce dont s’est félicité le Directeur Général du CICIBA, qui a noté : « Ensemble nous avons imaginé ce que sera désormais la gestion de la communication autour des activités de l’ACALAN-UA et ses partenaires. Des hommes des médias et de communication que nous sommes avons réaffirmé notre engagement déontologique et éthique de ne servir que la vérité des faits, la cohésion et la paix entre les peuples, une plus grande efficience dans la sensibilisation de l’opinion pour le triomphe et la valorisation des langues africaines ».

Fixant sa réflexion sur l’horizon en vue, tout plaide pour que l’utilisation des langues africaines dans les médias africains devienne une priorité incontournable. Et qu’il faille y trouver des stratégies plus réalistes, notre ambition étant de « faire de l’Afrique, notre bien commun, la plus grande scène de l’expression de notre humanité commune, décomplexée, paritaire et glorieuse. C’est que, nous sommes l’Afrique, la grande et unique Afrique. Une Afrique des vainqueurs, le berceau de toutes les humanités. Notre victoire d’aujourd’hui est celle d’avoir défini les prémices d’une communication de qualité, en nous engageant de manière responsable à semer la paix dans les cœurs des récepteurs. Tout cela de manière à optimiser les chances d’un engagement collaboratif, confraternel et sincère entre les experts des médias au service d’une même cause, le développement durable de l’Afrique ».

Après une année 2018 si créative, si chargée, mais pleine d’exploits divers dont a fait montre la synergie ACALAN-UA/CICIBA, le Pr Antoine Manda Tchebwa voit en cet atelier « un beau cadeau de fin d’année ». Qui vient couronner tant d’efforts et énergies dans le sens de la priorisation des langues transfrontalières les plus représentatives de notre continent, au sein desquelles l’espace linguistique bantu représente une proportion importante (entre 500 et 600 langues bantu, assorties d’une dizaine des langues transfrontalières).

Se tournant vers le nouveau segment de coopération qui s’annonce à l’horizon 2019-2020, au regard des exploits communs réalisés en 2018, le Directeur Général du CICIBA ne peut se priver de prendre l’engagement de « travailler sans relâche à la consolidation de ce partenariat exemplaire ». Car il s’agit bien, ici, d’un modèle de partenariat qui proclame la victoire d’une Afrique solidaire et l’avènement d’une nouvelle ère communicationnelle sur notre continent, où les Africains gagneraient davantage en privilégiant la beauté et les saveurs de leurs langues locales ou régionales.

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