L’ACALAN au cœur du numérique

UNE GRANDE INNOVATION EN VUE AUTOUR D’UNE PLATEFORME INTERACTIVE ET COMPRÉHENSIVE 

Ce n’est nullement  une simple postulation, car il s’agit bien d’une vision optimiste et sincère que viens de se donner l’Académie Africaine des Langues (ACALAN), organisme spécialisé de l’Union Africaine, que dirige avec doigté notre collègue Dr Lang Fafa Dampha (Secrétaire Exécutif), autour de cette devise si évocatrice : ” Les langues africaines : pour une Afrique pacifique prospère et intégrée “.

Dr Lang Fafa Dampha, Secrétaire Exécutif de l’ACALAN

Poursuivant innovations et rénovations épistémologique dans son entreprise, ô combien exaltante, de promotion et de valorisation des langues africaines, l’initiative en date de l’ACALAN vaut bien son pesant d’or. Car en mobilisant l’élite africaine du domaine de l’informatique, c’est d’un saut qualitatif vers la conquête des nouvelles fonctionnalités des langues africaines qu’il sera bientôt question dans notre rapport à l’utilisation des informations portée par nos sites web. et le CICIBA, aux côtés de l’ACALAN, en est concerné au plus haut point et entend, à terme, tirer le meilleur bénéfice d’une telle expérience pour l’amélioration de son propre réseau informatique en prévision de son projet e-CICIBA.

Le récent atelier de Bamako vient de jeter les premières bases de cette entreprise titanesque qui nous concerne tous. Invité spécial de cet atelier, par le biais de son Directeur Général, le CICIBA réaffirme son intérêt pour cette nouvelle plateforme interactive et compréhensive en construction, tout en réitérant ses remerciements à l’ACALAN, son partenaire de toujours, pour sa généreuse et bienveillante invitation à ces assises  extrêmement techniques.

Pr Antoine Manda Tchebwa (CICIBA)                                 Pr Marcel Diki-Kidiri (Académicien ACALAN)

Ci-dessous, le communiqué officiel qui a sanctionné ces travaux :

L’Académie africaine des langues (ACALAN), en tant qu’institution spécialisée de l’Union africaine chargée de l’autonomisation des langues africaines afin qu’elles puissent être utilisées dans tous les domaines de la vie publique, y compris les secteurs de la communication, de l’éducation, de la science et de la technologie, s’efforce de prendre en compte les ressources mises à disposition par les technologies de l’information et de la communication (TIC). Cela mettra l’accent sur l’importance de la numérisation des langues africaines pour contribuer à la réalisation de la vision de l’Union africaine.

Dans le but d’accomplir plus efficacement son mandat et d’accroître sa visibilité, l’ACALAN s’est engagée dans le développement d’une plateforme compréhensive et interactive pour ses organes de travail, ses structures de travail et ses partenaires pour réduire la fracture numérique en Afrique en organisant les 2 et 3 octobre 2019 à Bamako, Mali un Atelier.

Les objectifs de l’atelier étaient les suivants :

  1. Équiper les langues africaines afin d’ajouter de la valeur à leur présence dans le cyberespace et leur appliquer la technologie du langage humain ;
  2. Trouver des moyens appropriés pour développer des cadres opérationnels ainsi que le traitement des données pour une instrumentation efficace des langues africaines ;
  3. Élaborer une feuille de route pour développer une plate-forme complète et interactive pour les organes, les structures de travail et les partenaires de l’ACALAN en vue d’accroître sa visibilité ;
  4. Mettre en place un comité technique ou des groupes de travail pour accélérer le développement d’une plate-forme complète et interactive pour les organes, les structures de travail et les partenaires de l’ACALAN afin d’accroître sa visibilité ;
  5. Identifier et évaluer les travaux sur les langues africaines et leur présence dans le cyberespace.

La réunion a rassemblé :

  • Des personnes ressources et experts en langues africaines et TIC et les parties prenantes ;
  • Un membre de l’Assemblée des académiciens de l’ACALAN, expert dans le domaine ;
  • Un représentant du Département des affaires sociales de la Commission de l’Union Africaine ;
  • Le Département informatique de l’Université de Bamako ;
  • Le personnel du secrétariat exécutif de l’ACALAN ;
  • Des représentants du pays hôte.

Le président de la session d’ouverture le professeur Marcel Diki-Kidiri, membre de l’Assemblée des Académiciens de l’ACALAN, dans son allocution a lancé un défi à la jeune génération africaine de prendre ses responsabilités en matière de technologie numérique en langues africaines.  Il a souligné aussi trois catégories d’experts dont des représentants doivent figurer dans le processus à savoir :  les experts en informatique, les experts en langues et les experts en culture de la langue concernée. Il a fini par interpeller les commissions de langues transfrontalières véhiculaires de l’ACALAN à s’impliquer davantage dans le processus.

M. Adama Samassekou, Secrétaire exécutif fondateur de l’ACALAN a souligné la nécessité d’opérationnalisation des commissions de langues à travers la plateforme à mettre en place. Il a conclu son allocution par la suggestion de remobiliser les états qui ont eu la confiance en cette institution en gestation au courant des années 2000 pour en faire un organe spécialisé de l’UA.

Le Secrétaire Exécutif de l’ACALAN, Dr Lang Fafa Dampha, a débuté son allocution par les mots de bienvenue et de remerciements à tous les participants et aux autorités de la République du Mali. Il a évoqué un certain nombre d’entraves qui peuvent freiner la bonne marche du processus de la numérisation des langues africaines tout comme le problème d’harmonisation des écritures des langues africaines. Il finira par rappeler aux participants l’objectif phare de l’atelier qui est l’instrumentation efficace des langues africaines dans le cyberespace.

Au nom du Ministre de la communication, chargé des relations avec les institutions, porte-parole du gouvernement, Dr Ousmane Bamba a pris la parole en expliquant la cause de l’empêchement du ministre qui est en voyage à Genève.  Il introduira son allocution par les mots de bienvenue aux participants.  Il a rappelé que la question de langues africaines et les outils numériques était d’actualité depuis l’année 2000. Cependant, il situe le problème en manque d’organisation et non pas en manque d’expertise ou de compétence.  Il a invité les experts en la matière de faire davantage de localisation des GAFA en langues africaines, à transmettre les contenus des brevets africains en langues africaines, à cesser d’avoir le complexe de mettre les pieds dans le plat du numérique. Il conclura par la suggestion de rendre visible la plateforme de l’ACALAN en remplaçant le nom de la plateforme.

Les participants ont assisté à plusieurs exposés allant dans le sens de l’état des lieux et des perspectives de la numérisation des langues africaines :

  1. La présentation du Dr Odetutunji odejobi (Nigeria) était sur « Numérisation de contes populaires (jeunes et enfants) ». Il parle de l’importance de la langue dans une société tout en se basant sur des adages et des devinettes de la culture yoruba. Il ajoute la nécessité de prise en compte des réalités africaines à travers les sons, les illustrations, les textes d’un conte dans une bande dessinée.
  2. La présentation du Dr Lawrence Muchemi (Kenya) intitulée « plateforme complète et interactive pour les structures de travail et les partenaires de l’ACALAN » va parler d’un modèle de feuille de route, qui sera un facteur pour diligenter la promotion des langues africaines. Sa présentation a aussi fait mention de la provenance des fonds notamment le crowdsourcing, les opérateurs économiques à travers les sponsorings.
  3. Le Pr Khumalo (Afrique du Sud) a présenté sur le thème « linguistique informatique » et a tenu les participants en haleine sur le pourquoi développer les langues africaines dans le contexte sud-africain. Le point focal de l’exposé du Pr Khumalo porta sur l’implémentation des pilotes tel le vérificateur de mots, le pilote parole au texte et le concordancier intégrés à la plateforme.
  4. Mme Angela Herman Kilusungu (Tanzanie) a exposé sur « radiodiffusion / publicité sur le cloud (radio et télévision en ligne/publicité) ». Son exposé a mis en exergue l’importance de la présence des langues africaines sur les réseaux numériques.
  5. Le Dr Martin Benjamin (Suisse) a présenté sur le thème « plateforme pour le développement de la langue africaine ». Il a exposé sur les contenus de la plateforme Kamusi, une plateforme qui prend en compte toutes les langues. Il est revenu sur les questions de données à compiler pour l’élaboration de la plateforme notamment les données linguistiques et les informations linguistiques.
  6. M. Mandela Doucouré, (Mali) a fait son exposé sur « problématique de création de plateforme en langues africaines : solution et états des lieux du Mali ». L’assistance a pu noter des points saillants comme la problématique, la solution et les produits numériques réalisées en langues africaines en général et au Mali en particulier. Il conclura sa présentation par une proposition de modèle de forum qui peut être intégré à la plateforme de l’ACALAN.
  7. M. Issiaka BALLO, (Mali) a exposé sur « Des plateformes et des produits numériques en langues africaines :  de la création au fonctionnement ».  Il a tenu à faire comprendre aux participants la nécessité de l’élaboration d’un cahier des charges dans la mise en œuvre de la plateforme. Il a aussi expliqué les différentes étapes à suivre dans la création d’une plateforme numérique.  En conclusion, M.  Ballo a fait la démonstration partielle de 5 produits numériques qu’il a développés dans les langues maliennes.
  8. Dr Moses Effiong Ekpenyong (Nigeria) a fait son exposé sur « Humanités intelligentes : vers la haute performance – ». Il a été question des défis dont fait face l’intelligence de l’humanité. Il a par la suite enchainé avec la présentation de quelques productions numériques faites ou à faire en langues africaines telles des ressources computationnelles, des applications et des caractères Unicode réalisés sur la reconnaissance des voix.
  9. Dr Houssein Ahmed Asoweh (Djibouti) a introduit les exposés de la journée sur « stratégies et méthodes pour informatiser des langues « peu dotées ». Les parties saillantes de son exposé furent donc la réduction du coût de développement, quelques ordres de grandeur à propos des ressources à implémenter : traitement de texte, traitement de l’oral, traduction, reconnaissance optique de caractères, ressources (dictionnaires).
  10. Mme Kouassi Yvette, (Fondation KARANTA) a exposé sur « synergie d’actions de l’ACALAN et de la Fondation KARANTA ». Son intervention a porté sur une brève introduction de la Fondation KARANTA, le cadre de collaboration entre l’ACALAN et Fondation KARANTA, le rôle que pourrait jouer la Fondation KARANTA dans la création de la plateforme : alimentation de la plateforme à l’aide des productions de la fondation.
  11. La communication de Mme Dorothy Gordon, (Ghana) représentante du programme IFAP (Information For All Programme – Information pour Tous) de l’UNESCO, a porté sur l’accès, la préservation, la production, le développement de l’information. Elle a ensuite parlé du comment faire la levée de fonds pour la cause des langues africaines. Elle a fini par suggérer l’ouverture d’une coopération entre l’UNESCO à travers le projet IFAP avec l’ACALAN.

Recommandations

  1. Mobiliser les opérateurs économiques africains à s’intéresser aux questions de langues
  2. Distribuer les copies des présentations aux participants
  3. Faire le report d’au moins deux présentations pour le lendemain matin vu le nombre abondant de présentation à faire.
  4. Avoir une plateforme multilingue en 12 langues africaines pour le départ accompagnées de l’anglais et le français ;
  5. Avoir des rubriques tout comme les forums, la recherche, les sites partenaires.
  6. Faire participer des femmes aux différentes rencontres des experts de l’ACALAN et favoriser les candidatures féminines pour les études linguistiques surtout la linguistique informatique.

A la fin de l’atelier, un comité chargé de développer la plate-forme complète et interactive de l’ACALAN a été mis en place. Il est composé des experts suivants :

  1. Professeur Marcel Diki-Kidiri- Membre de l’Assemblée des Académiciens de l’ACALAN et Coordonnateur / Superviseur des langues africaines et du programme Cyberspace.
  2. Professeur Langa Khumalo (Afrique du Sud)
  3. Dr Lawrence Muchemi (Kenya) – Directeur de la plate-forme complète et interactive de l’ACALAN sous la supervision du Professeur Marcel Diki-Kidiri
  4. Pr Charles Marfo (Ghana)
  5. Mme Angela Herman Kilusungu (Tanzanie)
  6. Dr Martin Benjamin (Suisse)
  7. Dr Tunde Adegbola (Nigéria)
  8. M. Mandela Doucouré (Mali)
  9. M. Issiaka BALLO (Mali)
  10. Dr Moses Effiong Ekpenyong (Nigéria)
  11. Dr Houssein Ahmed Asoweh (Djibouti)

Il a été convenu que les présentations soient publiées dans KUWALA, le journal de l’ACALAN.

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