Editions CICIBA

Revoici MUNTU !

Penser l’art du continent sous le prisme de la cosmologie. Telle est l’ambition de ce numéro de la relance du Magazine scientifique et culturel Muntu du CICIBA. Relance convoquée par cette thématique majeure qui gravite autour d’un art en mouvement, jamais saisi dans sa totalité “ontologique”.

Muntu est une belle aventure heuristique commencée, sous l’impulsion du professeur émérite Théophile Obenga, alors directeur Général de notre Institution au cours des années 80-90, mais arrêtée quelques années plus tard.

Ce n’était qu’un arrêt. Un arrêt brusque qui, dans la foulée, a pourtant occasionné un manque certain au sein de la famille des chercheurs africains de l’heure. Reste que l’esprit muntu, lui, a continué, longtemps encore, à planer sur nos têtes. Avec, en arrière-fond, le souvenir de cette intelligence si vive, cette admirable érudition, unique et inédite, sur une matière si abyssale qu’est la civilisation bantu, sans compter cette finesse insurpassée dans l’analyse des événements… Tant de vertus qui ont pu faire de ce magazine un vrai laboratoire existentiel de l’univers bantu.

Ne serait-ce qu’à ce titre, Muntu jouit du mérite d’avoir publié de nombreux articles de haute facture, portant, qui plus est, des signatures illustres imprégnées d’une vitalité sans pareille.

Muntu était sûrement la carte d’identité par excellence  de la recherche au CICIBA dans le domaine spécifiquement holiste des civilisations bantu, et le restera quoi qu’il soit. La rupture aura été longue, certes. Mais elle n’aura jamais été pour autant une marque de défaite.

La crise passée, nous voici en train de réinventer Muntu. Avec la même ardeur, le même bonheur et la même ferveur. L’histoire reprend donc son cours là où elle s’était arrêtée.

Joseph Ki-Zerbo, le grand historien africain,  avait raison de dire : « l’histoire, c’est comme un fil ; elle se déroule à l’infini. Même s’il lui arrive de se casser, le fil finit toujours par se relier à la trame générale de l’histoire. » Il y a là, à travers cette image une métaphore de la continuité des faits. Ce qui, pour nous, est une manière de renouer avec la conscience de soi, avec ses origines.

Et Jean Jaurès ne dit pas autre chose que cela : « C’est allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source ». Le disant ainsi, notre credo à nous est la bantuphonie. Un credo doublé d’un engagement ferme pour une communauté de destin plus solidaire, maîtresse de son propre destin.

Notons cependant un fait nouveau : à l’aune du mouvement de la pensée, Muntu innove à partir de ce numéro de la relance en essentialisant le discours autour d’un champ épistémique unique. Du coup, chaque numéro sera un lieu de débat articulé sur une thématique générique déployée en un seul tenant capable d’offrir une belle unité, cohérente, mais où se côtoieraient  tous les savoirs d’un même domaine.

C’est le temps refondateur d’un engagement, c’est le temps de renouveler notre foi en quelque chose de plus grand encore. Sûrement, celui des premières nouvelle semailles et des promesses inaugurales qui, selon Senghor, sont généralement les plus belles.

Le plus beau est donc encore à venir avec ce « Muntu newlook »

 

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