EDITIONS CICIBA

MANDA TCHEBWA (RD CONGO) ET MFUMU FYLLA SAINT-EUDES (CONGO) annoncent la rédaction d’un livre commun

Joseph KABASELE
« KALLE JEFF »
LE PERE DE LA MUSIQUE CONGOLAISE MODERNE

Il n’est pas question de chimères. Par devoir de mémoire pour un Géant du monde de la musique africaine, mort comme un être bâillonné, puisque victime à son corps défendant d’un déni de reconnaissance de la part des siens. Le temps est venu de réparer l’oubli. Tel est le postulat qui sous-tend la volonté de lui consacrer, enfin, fût-ce sur le tard, un livre à la hauteur de l’icône qu’il fut.
Parti pour un voyage sans retour, en février 1983, quasiment dans la fleur de l’âge (à 51 ans !), à peine a-i-il, le temps d’un étouffement, eu droit à quelques crissements de grelots. Image de nos sociétés de courte mémoire. Témoin de mille blessures et orphelin inconsolable d’un pair de la rumba, des décennies durant, le peuple de la « noctambulie rumbera », innocent et déshérité de fait de son sacré père, traina son intériorité défaite, but le calice, puis s’en remit au seul destin. Le méritait-il ?
Pour sûr, tout comme Patrice Emery Lumumba incarne l’image d’un Congo indépendant, Joseph Kabasele alias Grand Kallé est le porte-voix de cette indépendance-là. Ne serait-ce qu’à cet égard, on lui doit, à lui aussi, un hommage collectif, solennel, digne d’un monument de l’art mondial.
C’est le sens à donner à l’initiative que vient de prendre ce jour, lors de leur dernière rencontre à Brazzaville, deux plumes éminentes de l’histoire de la rumba congolaise, incarnées par Mfumu Fylla Saint-Eudes et Antoine Manda Tchebwa, qui ne sont plus à présenter. Tant leurs œuvres scripturaires et parcours respectifs témoignent pour eux.
Ils ont entendu les cris de douleur du peuple orphelin de l’Indépendance cha cha, et ont cru opportun d’y faire droit. Le travail, porté sur un chantier immense, leur entreprise commune se donne pour ambition de revisiter Kabasele Joseph dans son essence la plus holiste. Parque grand il fut, tout à fait à sa dimension. Héros, il le fut dans le monde qui le sien, celui des dieux de la rumba.
N’importe comment, aujourd’hui encore, défiant les barbelés de la finitude de l’humain, Grand Kallé se pose en Héros civilisateur, sinon en fondateur charismatique de « la scène orchestrale moderne » et ses succulences rumberas et cha cha cha.

L’African Jazz, son orchestre, fut un modèle de professionnalisme et d’exigence capable de produire l’expression la plus noble et la plus aboutie de la rumba congolaise.
Et c’est sans commune mesure que l’héritage musical de Kabasele trouve un écho inextinguible auprès des aficionados de la rumba-cha-cha-cha, au point de hisser Grand Kallé à la hauteur d’une figure indestructible de la scène musicale mondiale.
Son extrême sensibilité poétique, la verve chaloupée de sa voix, ainsi son immense charisme ont fini, et c’est à bon droit, de l’inscrire dans la lignée des plus importants interprètes du monde.
En convoquant à nouveau sa mémoire et ses hauts faits d’arme, dans un ouvrage destiné à l’immortaliser, sinon célébrer le père de tous les hymnes des indépendances africaines (Indépendance cha cha) plutôt que de chercher à réparer une faute collective, les deux plus grandes plumes de la chronique musicale des deux Congo, entendent restituer la légitimité et la reconnaissance que le fondateur de l’African Jazz mérite de la part de tous. Cela dans un exercice réjouissant, capable d’actualiser la reconnaissance de cette icône panafricaine, en vue de consolider ad vitam aeternam son aura et son éternité.
Autant qu’il nous en souvienne, « les héros ne meurent jamais », fût-ce face à la témérité et à la tyrannie de la carnéité dérisoire et ses vanités, d’ici-bas, qui abrite notre fragile existence terrestre. Qui est l’endroit même où la vie, à l’image de la mer, jette toujours son écume.
Pour ce futur livre, ses auteurs le veut le plus complet possible, prêt à répondre aux questions de fond que se pose l’aficionado lamda sur : le royaume d’enfance du héros convoqué, sa scolarité, ses rapports à la musique ( religieuse, variété) à Cuba, aux studios de son temps, aux femmes, à la fratrie kinoise et brazzavilloise de la rumba, à Lumumba, à Mobutu, à la politique de son pays en général, à l’écriture de la chanson, à la technique vocale, à la poétique kinoise ; son rapport, enfin, (étayé de mille et une anecdotes), entre Kinshasa et Brazza sybaritiques au temps de son apogée, les conditions de son exil, l’African Team, son retour au pays, sa mort, etc. Toutes ces questions qui sont restées longtemps sans réponse.

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