Le CERDOTOLA Accueille Un Deuxième Atelier International Sur L’Atlas Linguistique D’Afrique.

Les 10 et 11 décembre 2018, au siège du CERDOTOLA à Yaoundé, a été organisé par l’Académie Africaine des Langues – ACALAN, en partenariat avec le CERDOTOLA et le CICIBA, un Atelier international sur l’Atlas linguistique de l’Afrique Centrale.

Présidée par le Pr Charles Binam Bikoi, Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA et modérée par Dr OJO Babajide, Chargé de Projet et des Programmes de l’ACALAN, la séance d’ouverture a été marquée par des allocutions et mots de circonstance des responsables des institutions parties prenantes de l’Atelier dont : Pr Antoine Manda Tchebwa,      Directeur Général du CICIBA, Pr Sammy Beban Chumbow, Président de l’Assemblée des Académiciens et Dr. Lang Fafa Dampha, Secrétaire Exécutif de l’ACALAN.

Cet atelier se tient six ans après, soit du 12 au 14 décembre 2012,  l’organisation toujours au Siège du CERDOTOLA à Yaoundé, de la « la réunion d’experts sur le projet Atlas linguistique de l’Afrique», par l’Académie Africaine des Langues (ACALAN) en collaboration avec le CERDOTOLA et le CICIBA. Cette première rencontre avait pour objectif de permettre une mise en œuvre concrète du programme Atlas linguistique de l’Afrique, suite à l’Atelier d’Arusha sur la révision de l’Atlas linguistique pour l’Afrique telle qu’elle fut conçue en 2007. Le projet devait être mis en œuvre en plusieurs phases en tenant compte des atlas linguistiques déjà produits par certains Etats africains membres de l’Union Africaine, et des centres régionaux ou internationaux tels que le CERDOTOLA, avant d’étendre le projet à d’autres régions et pays où les atlas n’ont pas été produits.

Dans le but de produire un Atlas linguistique global pour l’Afrique, un Comité technique, en collaboration avec le Secrétariat de l’ACALAN, avait tenu sa première réunion technique à Lilongwe pour entamer la première phase du projet, en septembre 2012 avant celle de Yaoundé en décembre 2012. Depuis lors, se sont tenues d’autres réunions plus techniques, notamment celle des cartographes en mai 2013 à Lilongwe au Malawi.

Conformément à la vision et la mission d’ACALAN, la nouvelle équipe dirigée par Dr. Lang Fafa Dampha, sous la présidence du Pr Sammy Beban Chumbow, a décidé, depuis 2017, d’accélérer la mise en œuvre des décisions et recommandations d’Arusha et de relancer les travaux sur le Projet d’Atlas linguistique dans le but de produire un Atlas linguistique global pour l’Afrique.

Dans ce cadre, les rencontres du 31 octobre au 02 novembre  2018 à Abidjan en Côte-d’Ivoire, et avant la rencontre du 10 au 11 décembre 2018 à Yaoundé, celle du 18 au 19 octobre 2018 à Brazzaville, sont bien là pour marquer la détermination de l’Académie Africaine des Langues à mener, de concert avec les institutions partenaires (CELTHO, CICIBA, CERDOTOLA) ce projet ȏ combien important pour la renaissance culturelle africaine.

Si l’atelier organisé à Brazzaville les 18 et 19 octobre 2018 portait sur l’harmonisation des systèmes d’écriture des langues identifiées en Afrique Centrale, les objectifs du deuxième Atelier de Yaoundé visent à renforcer la collaboration entre le CERDOTOLA et le CICIBA sur l’Atlas linguistique d’Afrique Centrale et la révision du Programme Panafricain de maîtrise et de doctorat en langues africaines et en linguistique appliquée (PANMAPAL).

C’est ainsi que, du 10 au 11 décembre 2018, les travaux se sont articulés autour des axes suivants:

         Discuter avec le CERDOTOLA et le CICIBA en vue d’utiliser les données traitées produites sur l’Atlas linguistique de l’Afrique centrale;

         Réexaminer le projet et le Programme PANMAPAL aux fin d’éventuels ajustements;

         Définir les stratégies de recrutement et d’extension de ces projets ;

         Identifier les partenaires stratégiques pour la création de synergies et l’élaboration d’une feuille de route;

         Identifier et faire appel à des concepteurs de programme;

         Identifier les stratégies durables;

         Identifier les nouveaux domaines de collaboration entre ACALAN, le CERDOTOLA et le CICIBA.

Y prenaient part : outre les membres du personnel du Secrétariat Exécutif (Deh Assaba Alice Koffi Ntaye et Modibo Diallo) et de la WebTv de l’ACALAN, les membres de l’Assemblée des académiciens d’ACALAN (Pr Louis Martin Onguene Essono – Coordonnateur de la Commission Beti-Fang de l’ACALAN), des représentants du CERDOTOLA (Pr Marie Anne Ndongo Semengue – Directrice du LRO, Dr. Emmanuel Ngue Um – Chef du Projet ALORA, M. Silas Séraphin Bong – Géographe – cartographe) et du CICIBA, des représentants de l’Association nationale des langues et cultures du Cameroun et Etudiants du PANMAPAL (Laurence  Ngoumamba), les représentants des ministères de la culture et de l’éducation du Cameroun et des membres de la société civile, des personnes ressources (experts du programme) provenant des universités sélectionnées : Pr Victor Dugga – Expert du Nigeria,  Pr Joel Babalola – Expert Afrique du Sud, Pr Herbert Chimhundu – Expert du Zimbabwé, Pr John Rex Amuzu Gadzekpo, Pr Mohamedoune Wane – Directeur de l’Institut Supérieur à l’Université de Naouakchott en  Mauritanie, Dr Burama L. J. Jammeh – Expert Gambia et Dr John Rex Amuzu,  Expert du Ghana.

Les travaux, diffusés en direct de la WebTv d’ACALAN (www.acalan.tv), se sont  déroulés en plénière avec des présentations, des discussions et des recommandations.

La première session, ouverte par le Pr Charles Binam Bikoï, portait sur l’historique, la définition des grandes lignes et la présentation de l’état des lieux (ce qui a été fait et ce qui doit être fait), pour l’Atlas linguistique de la région de l’Afrique centrale.

Dans sa communication, le Secrétaire exécutif du CERDOTOLA a souligné le fait que la langue est ce qui constitue l’ADN de chaque identité. Je suis ma langue, je suis ce que je parle, a-t-il dit. La philosophie et la problématique relative au projet d’Atlas linguistique repose sur les questions suivantes: Où sont les langues d’Afrique? Quelles sont ces langues? Qui les parle ? Le plus important pour nous c’est ce qui se parle en Afrique et comment cela se parle. C’est tout cela le rôle de l’Atlas Linguistique.

Le Programme Atlas linguistique de l’Afrique Centrale avait débuté en 1976 avec la parution des inventaires préliminaires pour un certain nombre de pays, notamment le Burundi, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Rwanda, la République du Congo et la République Démocratique du Congo en 1983. Il ne s’agissait pas des travaux d’amateurs, mais des projets de longue haleine réalisés par des experts pluridisciplinaires de plusieurs nationalités. Relancés en 2008, ces travaux ont déjà permis la parution de l’Atlas linguistique de la République Démocratique du Congo en 2010,  de l’Atlas linguistique du Cameroun en deux  Tomes, de la Cartographie administrative des langues du Cameroun en 2012.

L’exposé du Pr Charles Binam Bikoi a été soutenu par trois interventions des membres de l’équipe du CERDOTOLA; dont la Coordinatrice Scientifique du projet des Atlas Linguistiques et Chef du Laboratoire des Ressources Orales – Madame Pr. Marie Anne Ndongo Semengué, le Géographe – cartographe de l’Institution, M. Silas Séraphin Bong et le Chef du Projet ALORA, Dr. Emmanuel Ngue Um, qui a présenté la bibliothèque virtuelle qui documente les pratiques sociales des peuples, interface multidimensionnelle permettant de collecter et de compléter les informations de  terrain  sur la cartographie de l’Atlas. ALORA est accessible à l’adresse https://alora.cerdotola.com.

Au cours de cette phase des travaux, l’équipe du CERDOTOLA a présenté des  moutures consolidées d’Atlas Linguistiques du Tchad, du Congo, du Gabon, de la RCA, de la Guinée Equatoriale. La collecte est assez avancée pour le futur atlas linguistique de Coté d’Ivoire, ont appris les participants.

Dans la phase des échanges, Dr. John Rex Amuzu, Expert du Ghana, a félicité le CERDOTOLA avant de souhaiter qu’une résolution soit adoptée pour que l’expertise de l’Institution puisse aider les autres zones linguistiques dans ce travail. Les contributions de plusieurs autres participants ainsi que celles des responsables des institutions (CICIBA et ALALAN) iront dans le même sens.

La deuxième session, présidée par Pr Sammy B. Chumbow, portait sur la création d’une Synergie entre ACALAN, CELHTO, CEDOTOLA et CICIBA (Termes de référence applicables, Méthodologie, Durée et calendrier), s’est ouverte par un exposé du Secrétaire Exécutif de l’ACALAN sur le projet d’Atlas linguistique d’Afrique : structure et fonctionnement. A sa suite, Dr Ojo Babajide Johnson s’est chargé de la présentation du programme et des perspectives du projet ACALAN avant la synthèse et les conclusions  du président de la session.

La troisième session s’est ouverte, après une pause, par un exposé de Dr. Lang Fafa Dampha sur le projet d’organigramme du Comité de coordination du projet des Altlas Linguistiques de l’ACALAN.

La responsabilité du Comité de coordination à mettre en place serait d’actualiser le document de projet initial, d’élaborer les termes de référence, et de former des sous-comités servant de comités ad hoc à chaque fois que cela s’avère nécessaire. Le comité devra être  une équipe multidisciplinaire formée de linguistes, géographes/cartographes, démographes, de spécialistes en production d’atlas, ainsi que de spécialistes des nouvelles technologies, sans considération du principe de représentation géographique.

A la suite du Secrétaire Exécutif d’ACALAN, les participants ont eu droit à la présentation,  par Pr Sammy Beban Chumbow, du Plan initial du PANMAPAL.

En effet, l’idée de développer un programme panafricain de maîtrise et de doctorat en langues africaines et en linguistique appliquée (PANMAPAL) est née de la nécessité d’une «intellectualisation» des langues africaines en vue de leur utilisation progressive dans le système éducatif en Afrique. Pour permettre la mise en place de cadres progressistes en matière de politiques linguistiques, ces langues devraient être largement utilisées dans de nombreux États membres de l’Union africaine afin d’attribuer des rôles appropriés aux langues africaines en tant que facteur d’intégration et de développement du continent. À cet égard, le PANMAPAL vise à former un groupe de professionnels compétents dans tous les domaines liés à la promotion, au développement et à l’utilisation des langues africaines sur le continent. Un accent particulier sera mis sur la facilitation et la mise en place de systèmes éducatifs bilingues et multilingues basés sur la langue maternelle à l’échelle continentale. Le rôle des universités africaines dans ce contexte est de veiller à ce que les langues africaines soient prêtes à être utilisées de manière appropriée dans tous les domaines de la vie. Si l’on doit renforcer les langues africaines afin de les  inclure dans les caractéristiques déterminantes de la renaissance africaine, il est nécessaire de créer et de consolider un corps de professionnels dédiés et compétents en matière des langues.

Les travaux de la deuxième journée (11 décembre 2018), présidés par Pr Sammy Beban Chumbow, portaient sur la présentation et l’adoption du Rapport de synthèse, avant les allocutions des responsables institutionnels et la prononciation du mot de clôture de l’Atelier par le Pr Charles Binam Bikoi, Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA et hôte de la rencontre.

Dans son propos de fin, le Directeur général du CICIBA a magnifié la coopération entre le CICIBA et l’ACALAN, puis félicité le CERDOTOLA pour le travail déjà abattu dans la production des Atlas Linguistique de l’Afrique Centrale.

Après avoir remercié le Pr Charles Binam Bikoi pour l’accueil convivial et chaleureux réservé aux participants, le Secrétaire Exécutif de l’ACALAN a dit son bonheur de savoir le CERDOTOLA et le CICIBA ouverts à la coopération et à la collaboration pour la réalisation du projet d’Atlas linguistiques qui fait partie des six programmes phares de l’ACALAN, avant de conclure son propos par le souhait des meilleurs vœux de fin d’année 2018 et de nouvel an 2019.

Après avoir félicité à son tour le CERDOTOLA pour le travail abattu, Pr Beban Sammy Chumbow a recommandé que l’Atlas linguistique d’Afrique se fasse suivant les modèles proposés par le CERDOTOLA. Il est maintenant temps de passer à la mise en œuvre des rééditions qui se feront de manière progressive, a-t-il ajouté.

Le CERDOTOLA et le CICIBA font partie des principaux partenaires de l’ACALAN qui, en collaboration avec leurs États membres, ont développé une grande partie de l’atlas linguistique de l’Afrique centrale. Par conséquent, pour ne pas réinventer la roue et afin de maximiser les ressources en minimisant les coûts, ACALAN collabore avec le CERDOTOLA afin de combiner leurs efforts dans l’utilisation de données déjà produites en Afrique centrale pour l’Atlas linguistique de l’Afrique d’ACALAN.

Les travaux de l’Atelier international de Yaoundé se sont achevés par un dîner d’honneur offert par le Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA à sa résidence, et un moment de convivialité animé par l’orchestre Kemit 7.

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