COMMISSION NATIONALE RDC


 

LE CICIBA EN DEUIL

Corneille MONOKO n’est plus !

En date du 19 Juin 2016, la RDC a perdu un de ses brillants militants de la cause bantu en la personne de CORNEILLE MONOKO. Décédé d’une longue et pénible maladie ,le secrétaire permanent de la commission nationale, laisse derrière lui un vide difficile à combler.

Après ses études primaires et secondaires ( humanité littéraires), Corneille MONOKO avait traversé le fleuve Congo pour faire ses études supérieures en lettres modernes à l’Université Marien Ngouabi.

C’est à l’âge de 30ans, soit en 1987 qu’il commence sa carrière professionnelle au Ministère de la Culture et des Arts, au sein du CICIBA-RDC.

La toute 1ère antenne du CICIBA ( Centre International des Civilisations Bantu) installée dans un Etat membre en 1987.

Le CICIBA, crée en 1983 par dix Etats de l’Afrique bantu, a son siège à Libreville au Gabon et c’est notre compatriote Antoine MANDA TCHEBWA qui en est le Directeur Général.

Feu CORNEILLE MONOKO a dirigé le CICIBA-RDC depuis 1989 jusqu’à sa mort le dimanche 19 juin 2016, malgré son long parcours dans différents cabinets ministériels de la Culture et Arts en qualité de Conseiller Culturel ( plusieurs mandats) et une fois Directeur de Cabinet, sans compter son passage au Cabinet de l’ancien Ministre du Budget Adolphe MUZITO suivi de deux mandats successifs à la Primature avec le Patriarche Antoine GIZENGA et Adolphe MUZITO en qualité de Conseiller Culturel.

Aussitôt informé de cette triste nouvelle, le Directeur Général du CICIBA a fait observer une minute de silence en mémoire de l’illustre disparu au siège international du CICIBA à Libreville. Il s’est ensuite rendu à Kinshasa pour partager la compassion  de l’Institution avec la famille biologique et le personnel de la Commission Nationale CICIBA-RDC, aux cotés d’autres Institutions comme l’INA, l’OCPA, le Centre Wallonie-Bruxelles International…

 

Armé de sa fibre poétique habituelle, le Pr YOKA LYE MUDABA, Directeur Général de l’Institut National des Arts a, au nom de la Communauté culturelle congolaise, rendu un vibrant hommage aux militants de la culture disparu.

HOMMAGE  à  CORNEILLE  MONOKO ( 03 juillet 2016)

Ce fut un homme de « vertu », au sens classique, c’est-à-dire un mélange d’éthique idéaliste, d’esthétique épurée, d’audace pragmatique et créative, de stoïcisme flegmatique ; mais stoïcisme quand même jusqu’au sacrifice fatal.
Ce fut un homme de principe ; et, comme Confucius, le philosophe chinois, lorsqu’il s’agissait de choisir entre le devoir et la dévotion au Prince ou alors le droit et la Loi du Principe, Monoko choisissait le Principe par rapport au Prince.
Corneille Monoko, ce fut un homme de parole, c’est-à-dire de serment, et surtout un homme de la parole, c’est-à-dire un homme de l’éloquence et de la poésie flamboyante. Comment en serait-il autrement de ce natif de la ville de Banningville, ville bercée à la fois par trois rivières (Kwilu, Kwango, Kasai), rivières entrelacées en une symphonie intense et pittoresque.
Monoko, ce fut un intellectuel, c’est-à-dire un dialecticien alliant la théorie et la praxis, la poétique et la politique. Lorsqu’en effet, on est né entre l’après-Grande-Guerre et l’avant-indépendance, qu’on est contaminé par les ferveurs et les « kinoicités », les valeurs positives, d’une ville de Kinshasa, somme toute, indomptable, il est normal, comme Corneille Monoko, de cultiver une sensibilité de lanceur d’alerte, d’éveilleur de conscience.
Corneille Monoko, ce fut à la fois un homme de foi ( foi aux ancêtres, foi en Dieu, foi aux signes, aux énigmes de la Nature et des temps qui passent), et un homme de culture, sur la voie et la vocation de l’entrepreneuriat professionnel et de la polyvalence spécialisée : Bibliophilie, Mont des Arts, CICIBA, INA, Primature, toujours aux avant-postes du combat pathétique pour la culture !
Je termine cet hommage fraternel, profondément fraternel, par citer un des textes prémonitoires du poète Monoko, « Nécromance ». Ce texte date de 2002. Le titre, « Nécromance » est en soi déjà évocateur : nécromance est en effet le devin qui parle, prie avec les morts, les ancêtres outre-tombe. Dans ce texte, le poète rend hommage aux ancêtres pour avoir fait de lui « un homme de crédit ». Voici un extrait du poème :

«  Kehum, Kehum Ize !
– l’oncle évoquait mes aïeux
secrétait sa salive sur mon sinciput
Kehum, Kehum Ize !
Voyez ! Voyez
Vous qui habitez l’ombre de la sylve
Voyez : votre petit-fils
Se taille un crédit
Vous ses ancêtres tutélaires
Balisez donc la sente de son crédit,
Diadème pour notre lignée »

Lye M. YOKA


Par arrêté ministériel

KIANGU SINDANI NOMME SECRETAIRE PERMANENT

A la suite du décès de M. Corneille MONOKO, le Ministre de la Culture et des Arts et Président de la Commission Nationale du CICIBA RDC, Elvis MOUTIRI WA BASHARA a procédé à la nomination du Pr KIANGU SINDANI comme Secrétaire permanent de la représentation congolaise du Centre.

ci-dessus le Secrétaire permanent en compagnie de Théophile OBENGA, à la San Francisco State University (2008).

 

KIANGU Sindani est depuis quelques mois, le nouveau Secrétaire Permanent du CICIBA en RDC. Mais il n’est pas un nouveau venu au CICIBA.

En effet, il a été Secrétaire Permanent de la Commission Nationale du Zaire pour le CICIBA et Gestionnaire de la Micro-station zaïroise du CICIBA entre 1988 à 1993. A ce double titre, KIANGU Sindani a participé à plusieurs séminaires organisés par le CICIBA à Libreville et à Kinshasa, centrés notamment sur la gestion d’une banque de données informatisée. Il créa alors, grâce à la prévenance du Prof. Théophile OBENGA alors D.G. du CICIBA, le bulletin d’information CICIBA-ZAIRE et publia le Catalogue général. Publications du Centre International des Civilisations Bantu. 1984-1990.

Docteur en Histoire (Université de Kinshasa, 2002) et Postgraduated en étude comparée des mémoires historiques (Univ. Laval, 2003), KIANGU Sindani est professeur d’Histoire à l’Université de Kinshasa, au Département d’Histoire qu’il eut à diriger entre 2006 et 2010. Il a aussi eu à enseigner  à l’Institut de Spiritualité Africaine/Kinshasa et à  l’University of Michigan / Ann Arbor, ainsi qu’à co-animer des séminaires comme lecturer à la K.U.Leuven (Prof. Idesbald Goddeeris), à l’E.H.E.S.S./Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales,  Paris (Prof. Elikia M’Bokolo), à l’University of Wisconsin/Madison (Prof. Florence Bernault) et à Stanford University (Prof. Kim Rapp)

Ses recherches sur la mobilisation populaire, sur la dynamique religieuse, sur la traite négrière et sur le film comme document d’histoire l’ont emmené à séjourner comme Visiting Scholar notamment au Center for African Studies de Stanford University (Fulbright Program), au Gilder Lermhan Center for the Study of Slavery, Resistance, and Abolition, de Yale University, au KADOC de la K.U.Leuven, à l’Université Libre de Bruxelles et aux Facultés Universitaires Saint-Louis de Bruxelles.

Il a publié plusieurs études, notamment les livres : Lettres d’un Père du Concile Vatican II sur le déroulement peu satisfaisant de ses assises (L’Harmattan, 2016), Papa Daniel Palambwa Andzwa Empak. L’école de mon patelin (Editions du Lomami, Kinshasa, 2016), Le Kwilu à l’épreuve du pluralisme identitaire. 1948-1968 (L’Harmattan, 2009) et Préparer un peuple parfait. Mgr Joseph Guffens. 1895-1973 (Editions Saint Paul Afrique, Kinshasa, 1992).

 

KIANGU Sindani est promoteur et animateur du projet Patrimoine filmé de la RDC qui continue pour la RDC, le projet Le film colonial lancé en 2004 par un collectif d’historiens des universités congolaise, rwandaise, burundaise et belges, en partenariat avec les centres de documentation belges.

 

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