COMMISSION NATIONALE CAMEROUN

LA COOPERATION CERDOTOLA-CICIBA EN MARCHE

Dans le cadre de la redynamisation des rapports de coopération institutionnelle entre les deux Institutions, une délégation du Centre International des Civilisations Bantou – CICIBA, conduite par son Directeur Général, le Professeur Antoine Manda Tchebwa, a été reçue le 19 Janvier 2018, au siège du CERDOTOLA à Yaoundé, à sa demande.

La visite a commencé par un tête-à-tête entre le Pr Charles Binam Bikoi, Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA et le Professeur Antoine Manda Tchebwa. Elle s’est poursuivie dans la Salle des Actes de l’Institution panafricaine.

Après un cordial échange de civilités, chacun des Chefs de Mission diplomatique a présenté son équipe. Le Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA, qui était accompagné de ses collaborateurs, a réservé un accueil très chaleureux à ses invités et rappelé les liens d’amitié et de fraternité entre deux Institutions, au service de la recherche scientifique et de la promotion culturelle du continent africain et de sa diaspora.

Cette visite arrive au moment où le CERDOTOLA vient de fêter en octobre dernier le quarantenaire de sa création, une cérémonie qui a vu la participation effective du CICIBA.

En effet, articulé sur le thème « Les institutions culturelles et scientifiques africaines dans les enjeux de l’émergence et de la renaissance », le Colloque International du Quarantenaire du CERDOTOLA, organisé à Yaoundé du 9 au 13 octobre 2017, a regroupé un aréopage d’experts africains et universitaires de renom aux côtés des autorités politico-administratives locales, des rois et chefs traditionnels, des spécialistes des arts et culture, des étudiants et médias venus d’Afrique et d’ailleurs. Outre la participation à ce colloque, les membres de la délégation du CICIBA ont assisté à la cinquième session du Sommet des Institutions Culturelles Africaines et de la Diaspora, SICADIA, qui s’est tenue du 10 au 11 octobre 2017, session qui a consacré le changement de la dénomination du SICADIA en RICADIA (Réseau des Institutions Culturelles Africaines et de la Diaspora).

Le CERDOTOLA et le CICIBA dans leur démarche poursuivent des objectifs communs et se complètent enfin pour œuvrer sur le vaste chantier de la sauvegarde de la ‘‘Mémoire, de l’Historiographie et de la Renaissance de l’Homme africain’’, a rappelé le Pr. Charles Binam Bikoi.

Tout cela nécessite que les graines semées et les travaux abordés jusque-là par ces Institutions Scientifiques et culturelles, puissent toujours aller de l’avant et porter les résultats attendus. Tels ont été les souhaits de meilleurs vœux formulés par le Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA.

Prenant quant à lui la parole, le Pr Antoine Manda Tchebwa a félicité le CERDOTOLA pour être une grande école de réflexion, une graine de l’excellence qui a toujours su faire appel à d’éminents intellectuels et chercheurs lors des débats et grandes rencontres organisés autour de la Renaissance africaine.

Institution universelle qui travaille main dans la main avec le CICIBA, le CERDOTOLA a connu un grand dynamisme grâce aux efforts sans relâche de son Secrétaire Exécutif, le Professeur Charles Binam Bikoï, a dit le Directeur Général du CICIBA.

Les liens de coopération et de travail qui ont vu la relance des activités du CICIBA ont été soulignés, ce qui témoigne de la volonté de poursuivre la recherche scientifique pour l’Afrique, pour la quête et la prise en compte de sa diaspora à savoir les Afro-descendants qui sont sur d’autres continents. Pour cela, le CERDOTOLA sera invité à prendre part aux travaux de réflexion qui solliciteront sa grande contribution pour répondre aux besoins du continent et de sa descendance.

Dans le même ordre d’idées, les échanges ont convergé vers les possibilités de renforcement de la coopération entre les deux instances.

A cet effet, le Directeur Général du CICIBA a souhaité voir le CERDOTOLA associé, à défaut d’accepter la Co-Organisation de la deuxième édition de la Semaine des personnes d’ascendance africaine, dont la première édition s’est tenue à Libreville au Gabon, du 17 au 19 mai 2017, avec la participation active et très remarquée du Pr Charles Binam Bikoi.

L’occasion était belle pour dévoiler les nouvelles publications du CERDOTOLA, parmi lesquelles l’œuvre monumentale du Pr Antoine Manda Tchebwa, qui a pour titre ‘‘Entre Le moulin et la canne à sucre. L’humanité déchue des esclaves Congo-Bantu et Lucumi de Cuba sous la colonisation espagnole (du XVe au XXe siècle)’’ récemment publiée aux Editions du CERDOTOLA et dont la cérémonie de dédicace est prévue dans les jours à venir. L’auteur, très ému après la découverte de son œuvre, a tenu à remercier l’équipe du CERDOTOLA pour la qualité du produit. Ce fut également l’occasion pour le Directeur du CICIBA d’offrir un exemplaire de la toute dernière publication, dont le titre est Grammaire notionnelle du Bàsàa,du Pr Bitjaa Kody Zachée Denis, Directeur de la Recherche du Centre qui vient d’être éditée par le CICIBA, avec un appui du Ministère camerounais des Arts et de la Culture (MINAC).

Bien satisfait de la relance du CICIBA que le CERDOTOLA soutient à travers sa participation aux grandes rencontres organisées depuis la réouverture de ses portes, le Pr Charles Binam Bikoi s’est dit prêt à accompagner le Directeur Général et son équipe, dans la mise en œuvre des projets et programmes imminents ou en cours de réalisation.

Le Directeur Général du CICIBA était accompagné par son Conseiller, M. Christian Gaillard OBAME et le Comptable du Centre, M. Mwampongo Mbongeli Thinos. Le Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA s’est fait assister au cours de cette audience solennelle par le Directeur Adjoint des Services Généraux et de la Logistique, M Hans Epale et le Responsable du Centre de Documentation de l’Institution, M. Norbert Tangmo.

Cette visite a pris fin après les séances de remise réciproque de cadeaux et de séances de photos de famille.

source : Cerdotola.


HONNEUR AU Pr ZACHEE DENIS BITJAA KODY

Une délégation du Centre International des Civilisations Bantu conduite par son Directeur Général, le Pr Antoine Manda Tchebwa, a séjourné au Cameroun du 10 au 20 janvier 2018, pour entre autres partager avec le peuple camerounais la joie de la présentation officielle du promu.

Il a plu au chef de l’Etat camerounais, SE Paul Biya, de désigner au poste de Directeur de la recherche du CICIBA pour le compte du Cameroun, un des dignes fils de ce pays, le Pr Zachée Denis Bitjaa Kody, au regard de ses états de services.

L’heureux promu a été célébré à Songmbenguè, dans l’arrondissement de Massock Songloulou (ouest du Cameroun) devant un parterre d’invités. « La promotion à un poste important dans la fonction publique internationale a toujours un côté prodigieux et merveilleux. Prodigieux pour le bénéficiaire de la promotion qui connaît ainsi une ascension remarquable dans les hautes sphères dirigeantes d’une organisation internationale. Merveilleux pour le pays dont il est originaire ou pour le gouvernement qu’il représente. Les Etats tirent toujours une légitime fierté à voir leurs ressortissants gravir les marches stratégiques de la direction de ces institutions ». Ces propos sont du ministre des Arts et de la Culture du Cameroun, le Pr Narcisse Mouelle Kombi, prononcés lors de la présentation officielle du la présentation du nouveau Directeur de la Recherche du CICIBA.

C’est que, a-t-il noté, son cursus universitaire l’y a préparé : docteur d’Etat en Sociologie du langage (Professeur titulaire des universités), nanti d’une expérience éprouvée, avec une carrière de plus de trente ans dans la recherche scientifique et l’enseignement supérieur. Un hommage appuyé a donc été rendu au Président Paul Biya, sans lequel ni le prodige, ni la merveille ne se seraient accomplis.

C’est en somme un immense témoignage de gratitude au regard de son inlassable action pour le renforcement de la présence du Cameroun dans les organisations internationales, pour son occupation rationnelle du terrain diplomatique et pour le rayonnement international de son pays.

Le Ministre des Arts et de la Culture a rappelé les missions dévolues au Pr Bitjaa Kody. Le périmètre de celles-ci couvre des disciplines telles : l’archéologie, l’histoire, la muséographie, l’anthropologie la linguistique et les traditions orales, la médecine traditionnelle et pharmacopée, les animations et productions culturelles sur lesquelles le CICIBA fonde tous ses espoirs dans le cadre de sa relance et sa revitalisation. Tout en souhaitant plein succès dans ses nouvelles attributions, qui sont d’une importance stratégique, le Pr Narcisse Mouelle Kombi a indiqué que le Cameroun est fier et jaloux de son appartenance à des institutions internationales qui, comme l’UNESCO, le CERDOTOLA ou le CICIBA, œuvrent pour la préservation de la diversité des expressions culturelles et de la promotion du multiculturalisme.

 

Pour sa part, le Pr Manda Tchebwa, parlant d’une même voix, n’a pas tari d’éloges à l’endroit de celui qui est venu apporter un souffle de son dynamisme à la relance des activités de l’institution qu’il dirige. La nomination du Pr Bitjaa Kody vient ainsi combler une vacance de 23 ans à la direction de la recherche.

A cette occasion, le Directeur a exprimé toute la reconnaissance du CICIBA pour la pertinence du choix opéré par le président Paul Biya sur un scientifique camerounais suffisamment aguerri pour assumer une mission si exigeante au sein de la communauté bantu, mais aussi au ministre des Arts et de la Culture, pour son accompagnement déterminé, non seulement dans le long et tortueux processus de sa relance, mais aussi dans les méandres de sa revitalisation.

Le disant, il a relevé qu’en « tendant régulièrement les oreilles vers Yaoundé, nous avons toujours su capter avec une évidente lucidité les signaux d’encouragement et toute la bienveillance du Cameroun à l’égard du CICIBA jusque dans ses moments critiques de précarité ».

Rappelons que cet évènement a été organisé à Songmbenguè, terroir du distingué récipiendaire, en communion avec sa base sous le rythme de l’assiko et de bien d’autres exploits chorégraphiques de la région ouest du Cameroun. Et cela après avoir bénéficié des grâces du Seigneur à la faveur d’un culte œcuménique.  Un jour de grande solennité qui reste gravé dans la mémoire des Songmbenguéens.

 

 

 


« LA GRAMMAIRE NOTIONNELLE DU BASAA »,

UN TRAVAIL DE PUR DIDACTICIEN CUMULANT AVEC MAESTRIA TOUTES LES NORMES EN LA MATIERE, SELON LE PR ANTOINE MANDA TCHEBWA

Telle est l’appréciation formulée d’entrée de jeu par le CICIBA à l’égard de cette production de haute facture qui vient enrichir le champ pédagogique de l’espace bantu

Songmbenguè, 14 janvier 2018.

C’est une place du village noire de monde qui accueille un évènement d’une haute portée scientifique et culturelle. Sous des tentes alignées symétriquement en forme rectangulaire, toute la notabilité de la région ouest et nord du Cameroun est réunie cérémonie pour célébrer un fait exceptionnel : le vernissage de l’ouvrage « La grammaire notionnelle du Basaa », œuvre du professeur Denis Zachée BITJAA KODY, éditée à Libreville par le Centre International des Civilisations Bantu.

Cette cérémonie, alternant avec un culte œcuménique d’actions de grâces et de remerciements au chef de l’Etat camerounais, a été ponctuée par plusieurs interventions : celles des autorités traditionnelles, du Ministre des Arts et de la Culture et du Directeur Général du CICIBA.

Dans leur prise de parole, les chefs traditionnels ont souhaité à leur fils plein succès pour son œuvre après lui avoir accordé, au travers d’un rituel de consolidation de son ontologie, leurs bénédictions.

Succédant aux sages du village, Son Excellence le Pr Narcisse Mouelle Kombi, Ministre des Arts et de la Culture, s’adressant au didacticien Bitja, a noté : « La promotion à un poste important dans la fonction publique internationale a toujours un côté prodigieux et merveilleux. Prodigieux pour le bénéficiaire de la promotion qui connaît ainsi une ascension remarquable dans les hautes sphères dirigeantes d’une Organisation Internationale. Merveilleux pour le pays dont il est le national ou pour le gouvernement qu’il représente. Les Etats tirent toujours une légitime fierté à voir leurs ressortissants gravir les marches stratégiques de la direction de ces institutions. Dans ce sens, le Cameroun a été récemment honoré à Libreville par les plus hautes instances du Centre International des Civilisations Bantu (CICIBA).  Aujourd’hui à Songmbengué, dans l’arrondissement de Massock Songloulou, nous célébrons la promotion du Pr. Zachée Denis Bitjaa Kody à un important et prestigieux poste dans la fonction publique internationale africaine : Directeur du CICIBA, ce dont nous le félicitons, au nom du gouvernement camerounais et singulièrement du Ministère des arts et de la Culture, responsable du suivi des activités de cet Organisme International. Hommage soit rendu au Président de la République, Son Excellence Paul Biya, sans lequel ni le prodige, ni la merveille ne se seraient accomplis. Aujourd’hui, la Sanaga Maritime – je parle sous le contrôle du Ministre Jean Ernest Ngallé Bibéhé, digne fils du département – est dans la joie. En effet, la présente cérémonie de remerciements au Chef de l’Etat appelle un immense témoignage de gratitude à l’égard de Son action inlassable pour le renforcement de la présence du Cameroun dans les Organisations Internationales, pour Son occupation rationnelle du terrain diplomatique et pour le rayonnement international de notre pays. »

Se référant à l’engagement des plus hautes autorités du Cameroun dans la promotion des Cultures bantu tant au plan national qu’international, le Ministre des Arts et de la Culture du Cameroun a ensuite précisé :  Le Président Biya qui, dans son célèbre ouvrage Pour le libéralisme communautaire, consacre des pages lumineuses à une dissertation sur l’importance de la culture dans les jeunes nations africaines, à l’instar du Cameroun. Lui qui évoque l’ensemble de « ces données originales, positives et constantes qui ont fondé l’existence communautaire de nos groupes ethniques et garanti leur survie au fil de l’histoire ». Lui qui insiste sur la nécessité de faire recenser, promouvoir pour l’intérêt de la collectivité ces données fondamentales que sont les universaux culturels. Vous serez l’une des chevilles ouvrières de cette œuvre exaltante. Vous en avez les compétences, puisque votre brillant cursus universitaire vous y a préparé : Docteur d’Etat en Sociologie du Langage, vous vous êtes accompli dans le magistère, en tant que Professeur titulaire des universités.  Vous en avez aussi l’expérience, avec une carrière de plus de trente ans dans la recherche scientifique et l’enseignement supérieur. Vous avez été notamment chef de la Cellule des Etudes et des Programmes au Ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique et chef du département de langues et cultures camerounaises à l’Ecole Normale Supérieure de l’Université de Yaoundé I. Votre expertise dans le champ de la linguistique est souvent recherchée et fort appréciée, tant en tant que Directeur de travaux scientifiques, contributeur à des colloques en en Afrique, en Amérique ou Europe. Et aussi comme auteur de nombreuses publications scientifiques. La dernière étant une magnifique et inédite monographie sur la grammaire du Bassa. Longue vie aux civilisations Bantus.

Prenant à son tour la parole à la suite de l’autorité camerounaise, le Pr Antoine Manda Tchebwa, qui en est le préfacier et se réjouissant en même temps de la nomination au poste de Directeur de la recherche du Pr Zachée Denis Bitjaa Kody, a eu ces mots : « L’œuvre que nous célébrons ce jour s’inscrit dans la lignée des travaux pionniers relevant du domaine fondateur de la grammaire africaine. Cela, à la suite des chercheurs, soit dit en passant tous, Européens des siècles derniers, comme le missionnaire William Boyce, que l’historiographie de la linguistique africaine considère comme celui qui, en 1837, posa les premiers jalons d’une grammaire africaine en langue xosa. Dans le même registre le théologien William Bleek, l’inventeur du mot « bantu », en 1862, élabora à son tour la fameuse Grammaire bantu comparée connue de tous les experts du domaine ».

Avant d’énumérer quelques auteurs de nombreux travaux de classification de langue bantu réalisés par des générations des linguistes africanistes comme l’Abbé Proyart (1776), W. Bleek lui-même, Greenberg, Meinof, Guthrie, Johnson, etc.

Fondée sur la linguistique comparée et historique, à partir d’un corpus de plus de 400 langues, la grande majorité de ces travaux a le mérite d’avoir ouvert la voie à une approche taxonomique des langues bantu. Ce qui, conventionnellement, fait qu’une langue comme le basaa se retrouve, au sein de la catégorie linguistique benue-congo sous le code A43a.

Non sans avoir loué la profondeur et la pertinence de son contenu et le doigté de l’auteur, l’orateur ajoute : « J’ai ici, entre mes mains, un travail de pur didacticien cumulant avec maestria toutes les normes en la matière. Qui plus est, ce manuel pédagogique offre la possibilité de se former à la langue basaa à partir des exercices formulés avec une extrême agilité et compétence. La lecture de cet ouvrage de 254 pages, simple et aérée, incite non seulement à aller à la découverte d’une langue si belle et si harmonieuse aux oreilles, mais aussi à la célébrer avec un réel bonheur une bantuité d’estime et de partage ».

Avec une œuvre d’une telle envergure, voici arrivé maintenant, le temps de la réappropriation des règles épistémologiques conventionnelles par nos propres savants de manière à les orienter vers une approche syntaxique, morphologique et phonétique plus instruite, en vue de permettre à l’espace bantu de reconstruire une norme grammaticale adaptée intrinsèquement à l’ensemble de nos langues natives, telles qu’elles sont parlées et étudiées par nos propres chercheurs.

« J’ai donc le privilège de vous inviter à saluer la naissance d’une épistémologie audacieuse, bien bantu, appliquée avec une admirable érudition sur une des langues de la famille dite benué-congo dont la langue basaa porte le meilleur emblème », a-t-il relevé avant de  saluer le retour du Cameroun au sein des organes dirigeants du CICIBA.

« C’est donc un truisme qui, sans conteste, est porteur d’un souffle nouveau sur le CICIBA », insiste le Pr Manda Tchebwa avant de souligner que « ce souffle est conforté aujourd’hui par la performance d’un grand homme des sciences camerounais, tout à fait à la hauteur de sa charge, dont l’expérience académique se reflète à travers sa première production scientifique au CICIBA qui est une première dans les annales de notre institution ».

Et de bon droit, le Pr Manda de s’épancher : « Plus personne ne partagerait le point de vue, orgueilleux, condescendant et infériorisant, qui consistait, il y a peu encore, à faire du domaine de la linguistique bantu, un lieu indigne d’une exploration épistémologique capable de générer une norme grammaticale digne de considération et opposable à tous. Le Cameroun vient de prouver aujourd’hui à travers son élite de la pensée que cela était possible en comblant cette lacune. Et c’est fait aujourd’hui ».

Un autre vernissage est prévu prochainement à Libreville.

En vue de consolider cet acquis, tout en félicitant son auteur pour cette œuvre de haute facture, le CICIBA se sent fondé de proposer au Cameroun, pays bien aimé de ce savant en linguistique basaa, d’explorer toutes les voies susceptibles de permettre d’intégrer ce travail audacieux et innovant dans le système éducatif national, et demain à l’échelle de tout l’espace linguistique bantu, en adaptant son contenu à l’exigence pédagogique de chaque échelon de l’enseignement : de l’enseignement fondamental jusqu’au degré supérieur, en passant par l’échelon secondaire.

 

 

 


LA GRAMMAIRE DU ƁASAA EN LANGUE

ƁASAA A L’EPREUVE DE LA CRITIQUE

 

Présentée par Mispa de MOMHA

L’ouvrage commis par  le professeur Z. D. BITJAA KODY s’intitule ŋ̀kɔ̀t hɔp ɓàsàa (Bantu A43a) ou ‘grammaire notionnelle’. Il s’agit d’une œuvre de 254 pages en format A4 qui démystifie les notions de la grammaire universelle et les contextualise en ɓàsàa. Cet ouvrage  est édité par le Centre International des Civilisations Bantu (CICIBA) avec un appui financier du Ministère des Arts et de la Culture. L’ouvrage est préfacé par le  Pr Antoine MANDA TCHEBWA, Directeur Général du CICIBA, doté d’un incipit du Dr Pierre Emmanuel NJOCK, Président du Comité Scientifique de Langue ɓàsàa et d’un avant-propos du Pr Nicolas ANDJIGA, Directeur des affaires académiques de l’Université de Yaoundé I, précédemment Directeur de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé.

Ce livre s’ouvre sur l’hymne national camerounais en langue ɓàsàa et sur les prolégomènes relatifs à la compréhension de l’orthographe des mots, du marquage des tons,  de la classification et de la fonction du mot dans la phrase.  Il comprend cinq parties reparties en 25 chapitres ainsi qu’il suit :

La première partie qui s’intitule Alphabet, tons et principes orthographiques se subdivise en cinq chapitres :

  • Le chapitre1, Les lettres de l’alphabet, traite des différents types de lettres (voyelles et consonnes) de langue ɓàsàa ainsi que des divergences entre l’écriture systématique (ancienne écriture/ en usage chez les presbytériens et catholiques) et l’Alphabet Général des Langues camerounaises utilisé dans cet ouvrage;
  • Le chapitre 2, les digraphes-trigraphes, porte essentiellement sur les consonnes et les voyelles complexes ;
  • Le chapitre 3, la syllabe, se focalise sur la définition et le rôle de la syllabe ainsi que les différentes structures syllabiques qu’on retrouve dans les mots de la langue ɓàsàa.
  • Le chapitre 4, les tons, porte sur la définition et la fonction des tons et l’orthographe des tons dans les syllabes et dans les phrases ;
  • Le chapitre 5, les principes orthographiques, retrace l’historique de l’écriture de la langue ɓàsàa de la période missionnaire à nos jours, et il résume les 12 règles de base de l’orthographe actuelle de la langue ɓàsàa.

La deuxième partie examine les nominaux et comporte 6 chapitres présentés ainsi qu’il suit :

  • Le chapitre 6, le substantif, s’intéresse principalement comme l’indique ce titre au nom ; c’est-à-dire sa définition, sa fonction dans la phrase, sa morphologie en passant par les familles de mots ;
  • Le chapitre 7, les noms qualificatifs, porte sur la définition, la fonction, la morphologie des noms qualificatifs ainsi que leurs points de divergence avec l’adjectif qualificatif ;
  • Le chapitre 8, Les patronymes, se focalise sur le nom propre et donne des précisions sur sa morphologie, l’apostrophe et des exemples typiques de patronymes ɓàsàa;
  • Le chapitre 9, les classes nominales, traite non seulement des marques morphologiques et de la fonction des 12 classes nominales du ɓàsàa, mais aussi des principes qui régissent l’appartenance de chaque nom à sa classe ;
  • Le chapitre 10, l’adjectif, s’intéresse à la morphologie et aux différents types d’adjectifs ainsi qu’à leurs points de divergences d’avec le nom ;
  • Le chapitre 11, les pronoms, met en exergue la morphologie, la fonction et les différents types de pronoms.

La troisième partie  scrute   les verbes et s’articule en 6 chapitres :

  • Le chapitre 12, Introduction à l’étude du verbe, s’appesantit sur la définition, la fonction, la structure morphologique et les types de verbes ;
  • Le chapitre 13, les morphèmes dérivatifs, s’attèle à la description des extensions verbales et leurs marques ;
  • Le chapitre 14, la conjugaison des verbes, porte sur la définition, les pronoms personnels et les différents connectifs d’accord ;
  • Le chapitre 15, les temps de conjugaison et leurs marques, revoit les modes indicatif, impératif et subjonctif ainsi que les 12 temps de conjugaison du ɓàsàa ;
  • Le chapitre 16, la négation, insiste sur les particules et la signification de la négation en fonction des modes sus cités ;
  • Le chapitre 17, l’aspect, qui clôt cette partie se focalise sur les aspects perfectifs et imperfectifs ainsi que tous les sous types et marques inhérents à ce dernier, sans oublier les verbes de modalités utilisés dans l’expression de l’imperfectif.

La quatrième partie de l’ouvrage, s’intitule les (mots) invariables. Elle comporte 4 chapitres repartis ainsi qu’il suit :

  • Le chapitre18, l’adverbe, apporte des éclaircis sur la définition, la forme, la fonction des adverbes ainsi que leurs catégories (adverbe de temps, adverbe de manière, adverbe de lieu) ;
  • Le chapitre 19, la préposition, porte sur la définition, la fonction et les types de préposition du ɓàsàa;
  • Le chapitre 20, la conjonction, s’intéresse principalement aux conjonctions de coordination et de subordination ;
  • Le chapitre 21, l’interjection, met en exergue les types, les formes ainsi que la fonction des interjections.

La cinquième partie examine la phrase et se subdivise en trois chapitres :

  • Le chapitre 22, la phrase, se focalise sur la définition, les types de phrases ainsi que leurs constituants ;
  • Le chapitre 23, le syntagme nominal, met en exergue la fonction et les diverses formes du sujet sans oublier l’ordre des mots dans le syntagme nominal ;
  • Le chapitre 24, le syntagme verbal, s’intéresse aux constituants immédiats du syntagme verbal, aux extensions verbales, à la transitivité (verbes intransitifs, verbes transitifs, verbes ditransitifs) et aux compléments y afférents ;
  • Le chapitre 25, la construction des questions, porte sur la formation des questions totales, des questions partielles et des réponses y relatives.

L’auteur achève cet ouvrage par un lexique très élaboré qui facilite l’assimilation des concepts abordés dans cette grammaire. Il faut souligner à ce sujet que l’élément essentiel à noter dans cet ouvrage est qu’il constitue également une source de néologisme avéré étant entendu que chaque  élément sus-présenté en français trouve son équivalence dans la langue ɓàsàa, mieux l’ouvrage est entièrement rédigé en langue ɓàsàa.

Par ailleurs il importe de mentionner que ce livre retrace le programme d’enseignement de l’atelier de langue ɓàsàa pour les élèves professeurs ɓàsaphones des niveaux 1, 2 et 3 de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé, inscrits au Département de Langues et Cultures Camerounaises dont l’auteur, le professeur Z. D. BITJAA KODY est le chef de département.

Pour conclure, nous retenons qu’il s’agit d’une mine d’or dont tous ceux qui affectionnent  ladite langue et tous les ɓassaphones devraient acquérir et s’approprier pour une meilleure connaissance de la langue ɓàsàa.


LE DIRECTEUR GENERAL DU CICIBA, LE Pr ANTOINE MANDA TCHEBWA, REÇU AU PALAIS DE SA MAJESTE

NAYANG TOUKAM INNOCENT

ROI DE BATOUFAM

Au cours de son récent séjour  au Cameroun, du 10 au 21/01/2018, le Directeur Général du CICIBA, à la tête d’une importante délégation du CICIBA, a rendu visite à Sa Majesté le Roi de Batoufam.

L’autorité traditionnelle camerounaise a exprimée toute sa satisfaction de recevoir la visite de l’équipe dirigeante du CICIBA.Cette visite répond à un rendez-vous pris de longue date à Libreville lors du passage de Sa Majesté en terre Benga. Joignant la parole à l’acte, le souverain de Batoufam a mis les petits plats dans les grands pour honorer sa promesse. La délégation du CICIBA a eu droit à un privilège rarement concédé aux visiteurs : partager la table du roi, en plus d’un séjour complet au sein du palais dans les appartements du royaume.

Faisaient partie de la suite du Directeur Général,le Directeur de la Recherche le Pr Denis Zachée BITJAA KODY le Conseiller du Directeur Général M. OBAME Christian Gaillard, le Chef comptable et chargé des relations publiques Mwampongo Thinos.

Dans nos prochaines livraisons nous donnerons plus d’informations.

A noter cependant comme retombées de cette visite : la publication sous peu de deux ouvrages (à éditer par le CICIBA) portant notamment sur :

a) la biographie du souverain de Batoufam.

b) l’Histoire du Royaume de Batoufam et sa glorieuse civilisation (Collection « Beau-Livre ») .

 

 

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