Coopération CICIBA -Arabie Saoudite

Abdullah AL QORDI,

Ministre Plénipotentiaire du Royaume d’Arabie Saoudite :

 « L’heure est arrivée de passer à la vitesse supérieure »

Un accord formel est en vue

En visite pour la seconde fois au CICIBA, en l’espace de trois mois, Monsieur Abdullah AL QORDI, Ministre Plénipotentaire du Royaume d’Arabie Saoudite au Gabon, était ce jeudi 6 septembre 2018, porteur d’un message plus pratique pour le CICIBA : passer à la phase de concrétisation des projets partagés avec le Directeur Général lors de sa première visite au Centre.

L’ambiance de ce second face-à-face, empreinte de la même chaleur et convivialité, avait de quoi impulser une dynamique nouvelle. Rentré fraîchement de Ryad où, à peine installé à Libreville, il se devait d’accomplir les dernières formalités en rapport avec sa nouvelle charge diplomatique en zone bantu, M. Abdullah AL QORDI a tenu à réserver la primeur de ses contacts avec les partenaires potentiels du CICIBA en Arabie Saoudite, au professeur Antoine Manda Tchebwa.

« Les dernières nouvelles sont bonnes », a-t-il indiqué d’entrée de jeu. « Bonnes et prometteuses, car maintenant nous avons la certitude que les experts en civilisations de l’Arabie Saoudite sont à même de partager leurs connaissances avec ceux du CICIBA, cela mérite d’être capitaliser au titre d’acquis obtenus en prospectant le milieu culturel sur place. Il est important, pour ce faire, de passer maintenant à la phase la plus pratique et opérationnelle : la signature d’un accord de partenariat avec la partie Arabie Saoudite », a ajouté le diplomate saoudien.

La nouvelle avait de quoi donner du baume au cœur dans la mesure où elle vient corroborer une des ambitions du CICIBA à lui prescrite par ses pères fondateurs qui, dès le départ (1983), avaient conféré au Centre la mission d’explorer, au-delà des civilisations bantu stricto sensu, toutes les possibilités d’interconnecter le monde bantu aux autres, dans une perspective solidaire s’entend, partout où il y a des hommes. Car la notion même de l’homme, muntu, serait incomplète si l’on ne cherche pas à décliner l’homme dans son unicité ontologique, paritaire et universelle ; sinon dans rapport à l’autre.

Il y a bien longtemps que les penseurs bantu les plus inspirés envisagent les choses à cette aune-là. Il n’est qu’à se référer ici à ce qu’a dit un jour Théophile Obenga : « Chez les Bantu, l’homme (muntu) et l’humain dans l’homme (bumuntu) sont synonymes. Il s’agit concrètement de l’unité de l’être et de la personne, réalité posée dans la morphologie et l’ostéologie de son corps de chair et de sang, mais pourvue de créativité, d’amour, d’ambiguïté, d’angoisse et d’espérance, bref d’« humain ».

Cette quête, qui est du reste au cœur de toute l’épistémologie bantu telle que pratiquée usuellement au CICIBA, rencontre ici un écho favorable jusqu’en zone culturelle orientale. Espace du vivre-ensemble où, au-delà des traces résiduelles bantu que l’on peut encore retrouver çà et là en Orient, se pratique un discours de fraternité à visage humain, qui n’est pas un emprunt à des poncifs archaïques vides de sens, porté par des civilisations millénaires. L’Arabie Saoudite et le monde bantu ont, quelque part, en commun la quête de l’être bâtie sur le questionnement de ce qui fonde son unité dans le vécu de tous.

Partant de cette communion des vues, dans ce domaine des civilisations, les deux diplomates ont convenu de conjoindre leurs efforts pour donner au CICIBA la chance de réaliser ses ambitions en intégrant dans sa vision globale la possibilité de sensibiliser les 23 pays membres de l’espace bantu à cette quête-là. Il faut donc de l’audace, de la détermination et, bien plus, un sens renouvelé de fraternisme, pour qu’un tel exercice de mobilisation et de rassemblement devienne une réalité vivante.

Dans cette perspective, les deux parties ont pris l’engagement de procéder, dans les meilleurs délais, à la signature d’un Accord de partenariat. Condition sine qua non pour se donner la chance de mener à bien tant de projets mûris ensemble, et qui n’attendent qu’â être concrétisés.

Avant de prendre congé de son hôte, le diplomate saoudien a invité le CICIBA à honorer la célébration de la Fête nationale du Royaume d’Arabie Saoudite, prévue le 25 septembre 2018, à l’Hôtel Radisson Blu de Libreville. Offre à laquelle le Directeur général a accédé favorablement.

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